Le sonneur et le loup







Un conte, une chanson, un film aussi ...

 




Avec la participation de Loïc Chapron et Trégor Vidéo ;
de Bernard Lasbleiz et Dastum Bro-Dreger
et du dessinateur Nono.

 

 

Sur cette page, un conte ... une histoire que l'on retrouve partout en Bretagne, mais bien au-delà ...
Vous le connaisez peut-être sous des versions un peu différentes.
Loïc Chapron en avait fait un court-métrage, Bernard Lasbleiz une petite étude pour Musique Bretonne,
et Nono avait illustré une nouvelle de Yeun Gow parue en 1973 dans Hor Yezh.
Je les remercie tout 3, de m'avoir permis de réunir ces documents sur cette page.

_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _



 

Tregor-Vidéo

Korneg koz : un film de Loïc Chapron.
La musique traditionnelle est omniprésente, et au fil des images on découvre des célébrités locales comme le sonneur Gilles Léhart ou le merveilleurx chanteur Jean Cariou.


Chroniques musicologiques du Trégor et autres pays de Bretagne
Bernard Lasbleiz - édité par Dastum Bro-Dreger

Kornig koz : un conte à écouter en breton et à lire en français.
Répertorié dans le catalogue internationale des contes : A. Aarnet S. Thompson "The Types of the Folktale", on le retrouve sous de nombreuses versions dans toute l'europe et même jusqu'en Inde.

Riwal
: la chanson : petite étude de texte.
La trame de cette chanson est identique à celle des diférentes versions du conte mettant en présence un loup et un musicien au fond d'un trou ...


Hor Yezh ( hors série 1973 )

Ur galedenn a zen : quelques dessins de Nono qui illustrent une nouvelle de Yeun ar Gow.

 
  
Ci-dessus la photo du film : Bernard Lasbleiz et Wolf
  


 

<
.

Korneg koz - le film

Korneg koz . Un film de Loïc Chapron à décrouvrir en ligne.
C'est en feuilletant un recueil de contes traditionnels de Suzanne Favennec que Loïc
Chapron à eu l'idée de réaliser un court-métrage sur l'histoire du loup et du musicien. Tourné en 35 mn couleur, dans plusieurs endroits du Trégor ( Runan, les Traouiéros, Kergrist), ce film de 20 minutes fait appel à une équipe d'une trentaine de techniciens et d'une cinquantaine de figurants.
Jean Derrien joue le rôle du conteur, celui du musicien est interprété par Bernard Lasbleiz, quand au loup il s'agit de " Wolf " animal charmant et seul acteur professionnel du film puisqu'il travaille habituellement avec une troupe de balladin de Haute-Bretagne. La musique trditionnelle est omniprésente au cours du film, et au fil des images on découvre des célébrités locales comme le sonneur Gilles Léhart ou le merveilleurx chanteur Jean Cariou.
Loïc Chapron, permanent de l'Association Trégor-Vidéo, qui a travaillé avec des réalisateurs aussi prestigieux que Luc Besson ou Luigi Perilli, signe ici son premier court métrage.

Pour le besoin du film, il a fallut fredonner ce refain. Comme la musique manquait, (Suzanne Favennec se contentait de scander les paroles), Bernard Lasbleiz a emprunté celle d'un aute refain qui vient lui aussi d'un conte trégorrois (A philhaouer) et qui est curieusement semblable à celui de notre histoire.
Le voici : Birvi, birvi, birviken, Da glask truilhioù, da glask truilhioù, Birvi, birvi, birviken, Da glask truilhioù na n'in ken.
Ce qui a donner l'adaptation ci-dessous. Les noms des accords placés au dessus de la partition sont ceux utilisés pour l'accompagnement accordéon.
Pour ceux que ça intéresse, l'ensemble de la chanson peut s'interpréter sur le même air et fournit également un excellent accompagnement pour la Dañs-Treger.

 

 







.

Kornig kozh - le conte
Kornig kozh . raconté par Suzanne Fevennec à écouter (enregistrement Bernard Lasbleiz 1988)
- . . Au dessous, une traduction de Bernard Poisbeau la plus proche possible de l'oralité.
 



Je vais vous raconter Kornig Koz ...

Autrefois, Kornig kozh, ma foi, avait eu un accordéon par un vieux tonton à lui du côté de Saint Paul.
Ho, kornig Kozh était fier bien sûr, et ma foi, il allait sonner dans les mariages alentours, et ma foi,
il arrivait à Kornig Kozh, probablement, d'être parfois tard pour rentrer à la maison.

Ce jour là, en tout cas, il était arrivé à Kornig Kozh d'avoir à quitter une ferme de l'autre côté des bois ...
de Koad an Noz, ... oui de l'autre coté des bois de Koad an Noz, là-bas et ma foi justement,
il avait à traverser Koad an Noz et il avait pensé à faire ça:
je vais aller au plus court par ici, dit-il, parce que je connais les chemins, je vais traverser par là.

Et ma foi, il y va !

et Kornig Kozh continue d'aller à travers cette grande forêt, et bien sûr il continuait à avancer, et il continuait à avancer;
mais tout à coup, ho Jesus ! Pensez donc. Kornig Kozh est tombé dans un grand trou, aussi profond que cette maison.
Ho Jesus, on appelait ça un toull-atrap !

Mais quand il est tombé dans ce trou là, il y avait déjà un loup dedans, ha ha, le loup était tombé dans le même trou.
Et sans doute pendant que Kormig Kozh tombait dans ce trou son accordéon avait sonné, il avait fait zzzzzzzzzzzzz,
il avait fait un peu de musique, et ma foi le loup en entendant cette musique était allé dans son coin, mais il grognait toujours.

Mais ça avait donne une idée a Kornig Kozh, et de déplier son accordéon et de commencer à sonner pour le loup.
Et il avait sonné pour le loup et il avait continuait à sonner pour le loup, à toute force, toute la nuit,
toute la nuit il avait sonné pour le loup, et le loup restait à l'écouter sonner ho oui oui.

Après çà le loup était resté tranquille dans un coin à regarder Kornig Kozk là, il ne grognait même pas,
et Kornig Kozh continuait à sonner, et il sonnait et il sonnait et ma foi quand la clarté commençait à venir il sonnait toujours le plus qu'il pouvait.

Deux journaliers allant à leur travail, chacun une fourche avec eux sur l'épaule, furent étonnés,
il y de la musique là ? dirent-ils , qu'est ce que ça signifie ? ils allèrent écouter.
Hopala ! ils s'approchèrent; et il virent un sacré toull atrap, un sacré trou et il y avait des branches sur ce trou,
et il regardèrent et ils virent Kornig Kozh dans le fond de ce trou et le loup , Hola hola !

et l'un deux à pensé comme ça :
Hola dit-il, je vais écraser ce loup là maintenant, dit il, si c'est possible, et tirer Kornig Kozh de ce trou.
Sans doute et ma foi, Kornig Kozh fut soulagé quant il pu le tirer en dehors du trou car l'autre avait sauté sur ce loup
et planté sa fourche dans le corps du loup et l'avait éreinté là et comme ça.

Kornig kozh est sorti et quant il est sorti il a fait le signe de croix , il s'est mis à genou et à fait le signe de croix et il a dit comme ça :
et bien , j'ai fait cette chanson qui sera à vous, que vous pourrez chanter et sonner quand vous irez dans les festoù noz,
quand vous irez la nuit aux soupes au lait et aux festoù noz et cette chanson était comme ça :



 

Tapet eo ha tapet mat, Kornig kozh ne gano ken
Tapet eo ha tapet mat gant ar bleiz ba'n toull attrap
Tapet eo ha tapet mat gant ar bleiz ba'n toull attrap.

.

Riwal

La trame de cette chanson est identique à celles des différentes versions du conte mettant en présence un loup et un musicien au fond d'un trou, et l'on pourrait penser qu'il s'agit là d'une chanson traditionnelle que J.M. Penguern, avec peut-être l'aide du Dr Haléguen aurait été le seul à recueillir au siècle dernier.


Mais, outre son unicité un peu suspecte, un simple coup d'oeil à la forme montre de toute évidence qu'il n'en est rien. Ce texte ne présente pas, en effet, les caractères que l'on connaît à la chanson traditionnelle bretonne, ni même d'ailleurs ceux des chansons sur feuilles volanes publiées au X1Xème siècle. Il est composé d'octosyllabes réguliers groupés par deux, à la rime souvent riche, écrit dans un breton soigné bien que dialectal, et exempt de tout emprunt au français. Nous sommes manifestement en présence d'un texte de lettré, d'origine probablement trégorroise car les tournures de cette region y abondent. S'il s'agissait d'émettre une hypothèse quand au nom de cet écrivain, celui de René Kerambrun viendrait immédiatement à l'esprit. Cet ami de Penguern, qu'il a aidé dans ses recherches, fournirait en effet un "coupable" idéal, coutumier qu'il était de ce genre de pastiche pseudo-traditionnel. D'autre part le manuscrit n° 94 dont il s'agit ici regroupe des chansons recueillies par Penguern et Kerambrun. Mais des recherches plus approfondies sur ce manuscrit seraient nécessaires pour pouvoir trancher sur cette éventuelle parternité.

 
 

 



Emile Ernault qui analysa cette chanson pour pour la Revue Celtique en 1893 fut le premier à en déceler l'origine lettrée. Poursuivant ses recherches il découvre dans le dictionnaire de Le Pelletier, datant de 1732, ce qu'il pense être le thème et le refrain ayant servi de point de départ à l'auteur de la chanson. Citons ce passage de Le Pelletier:

"Nos bretons ont un dictum fondé sur la fable d'un joueur poète ou chanteur qui tomba avec un loup dans une trappe - Birvik, birviken Riwal Varz ne c'hourz'out den. Jamais, jamais Riwal ne jouera (de l'instrument ou ne chantera) contre personne".


L'avant-dernier couplet de la chanson est en effet identiqueque au dicton rapporté par Le Pelletier et il est possible que l'auteur se soit servi de ce dictionnaire. D'autre part, l'idée de donner au musicien le nom Riwal, nom d'origine celtique qui n'était plus porté depuis le XVlème siècle, n'était pas pour déplaire à un auteur à la recherche de détails chargés d'ancienneté. Mais la double identité du sonneur (Riwal/ Kornik Kozh) montre aussi qu'il connaissait tout aussi bien la tradition orale de son époque car, comme nous allons le voir, "'Kornik koz", avec quelques variantes, figure parmi les noms les plus utilisés en Trégor pour désigner le musicien du conte.

Riwal . . .
le texte de la chanson . . .
Riwal . . .
le texte de la chanson . . .


|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

__ . . __ . . __ . . __ . . __ . . __ . . __

Voici les paroles d'une chanson
dont l'unique version se trouve
dans les collectes manuscrites
de J.M. de Penguern
datant des années 1851-1852.
Bien que la partie de ce manuscrit
contenant ce texte n'ait pas
encore fait l'objet d'une édition,
celui-ci a cependant déjà
été imprimé à plusieurs reprises :

- Une première fois dans
la Revue Celtique de 1893
avec traduction française et
commentaire d'Emile Ernault.

- Une seconde fois en 1946 dans
la Nouvelle Revue de Bretagne
également avec traduction.

- Enfin en 1958 par la revue
Ar Soner dans sa seule
version bretonne .

Signalons au passage
que ces trois textes imprimés
ne sont pas absolument identiques.
Ils diffèrent non seulement
par l'orthographe mais
également sur des mots, voire
des groupes de mots.
Il nous a paru intéressant
de proposer une nouvelle
publication de ce chant
en essayant de voir
ce qui le rapproche du conte
et de la tradition orale.
Cette quatrième publication
que nous présentons donc ici
est faite à partir de la copie
du manuscrit Penguern
réalisée par Joseph Ollivier
et déposée à la Bibliothèque
Municipale de Rennes

__ __ __

Rimandelloù

Comme le signalait déjà
Le Pelletier en 1732, un dicton
ou plutôt une formulette revient
de façon récurrente pour conclure
le conte du sonneur et du loup.
Les conteurs précisent alors que
c'est le musicien lui-même qui,
à court de répertoire pour éloigner
le loup, a composé ces
"rimandelloù". Voici quelques unes
de ces formulettes rimé
et recueillies récemment.

On reconnaît assez aisément
dans ces différentes formules
les six derniers vers de la chanson.
Peu de différence en effet entre
le dicton de Le Pelletier attesté au
début du XVlllème siècle et
les formules 2, 3 et 4 recueillies
récemment par
Daniel Giraudon en Trégor.
Et si l'on rapproche la version
" Favennec" (n°1) des quelques vers
écrits de la main du Dr Halléguen,
on remarque que depuis trois siècles
cette tradition orale est restée
fidèle à elle-même.
C'est de celle-là que s'est inspiré
l'auteur pour composer sa chanson.
Une chanson qui ne lui a pas survécu,
puisqu'à notre connaissance aucune
autre version n'a été recueillie
ni enregistrée, mais la « rimandell »
qui lui sert de refrain, est encore,
elle, bien vivante.

__ __ __

Kornik koz alias Riwal
Le nom de Kornik Koz est celui
qui revient le plus souvent en Trégor
pour désigner le musicien du conte
depuis le début du XIXème siècle.
Notons au passage que « Kornik »
est l'une des appellations du diable
(le «cornu»), bien qu'il s'agisse aussi
d'un nom de famille très répandu.

Riwal l'a précédé à une époque
antérieure, à savoir le XVlllème
et sans doute aussi le XVIIème siècle.

Quant aux autres noms (Kunez,
Koadig, Cousin) il s'agit de réels
sonneurs trégorrois du début
du XXème siècle qui ont
probablement eux-mêmes remplacé
"Kornik Koz" par leur propre nom
ou surnom, comptant ainsi en retirer
un surcroît de notoriété.
L'analogie phonétique entre leur
propre nom et celui de la tradition
ayant d'ailleurs facilité
cette substitution.


|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

|

 

Et e Komik koz d'an euret
Et e a ne ket distroet

Refrain
Tapet eo, tapet eo.
En toull ar blei hag hen meo

Lavarat a re an oac'h koz,
Pa voa arri tort d'anter nos

- Pa e gwir ne deu ket Riwal
Plac'het c'hui zanso eur wech all.

Kornik koz ne man ket a bel,
Arri e er c'hoad ar c'hastel.

Bremanzont, pa voamp o tonet,
lie vombard a meump bet klewet.

Pa voa Kornik o vont er c'hoat,
An douar tossas (din) dan lie droad.

A koe e cure en toul-trap,
E lec'h ma voa eur blei tap

Eur blei loued, a garo,
Treut evel gazek an anko

He daoulagat ru tan gwal
A lugerne en nos tenval.

Hag hen o tapout he vombard,
Hag hen o c'hoeza enni stard.

Hag al loen, souezet meurbet,
A chome chouchet d'hen klewet.

Nemet pa paweze, kerkent
Ar blei a skrigne he zent

A Kornik koz, o goelet se,
A haste da sonn adare.

A pa paweze c'hoas, raktal
Ar blei re d'he zent strakal.

Allas ! Siwas ! ar Sonner kes
Ne voa ket henon en he ez

tud an euret a lavare,
O vont d'ar ger deus ar beure

- Chomet e c'hoas ar mevier koz,
O c'hober he dro pad an nos.

Eman duze en eun toufle,
Ber c'hoezet gant ar jufere.

Eur pennat c'hoas voa klewet sonn,
War bianaat e c'he an ton

Ar blei didrous, pa c'hwitas,
Lampas varn'han, ag hen tagas.

Biken, biken nan birwiken
Riwal vars na gourd(r)ouz den

Eman en tout gant ar blei
Na ne voelo ken an dei.

Tapet eo, tapet eo,
En tout ar blei hag hen meo

 

Kornig kozh est allé aux noces
Il est allé et n'est pas revenu

Refrain
Il est attrapé, il est attrapé
Dans la fosse au loup, il était saoul.

Le vieil homme disait
quand il fut presque minuit :

Puisque Riwal ne vient pas
Les filles vous danserez une autre fois,

Kornig kozh n'est pas loin,
Il est arrivé dans le bois du château.

Tout à l'heure, lorsque nous venions,
sa bombarde nous avons entendue,

Alors que Kornig kozh allait par le bois,
la terre céda sous son pied,

Et il tomba dans la fosse à loup
où il y avait un loup attrapé.

Un loup gris et cruel,
maigre comme la jument de l'Ankou

Ses yeux rouge comme l'incendie
luisaient dans la nuit sombre,

Et d'attraper sa bombarde
Et d'y souffler fermement.

Et la bête, extrêmement surprise,
restait tapie à l'écouter.

Mais quand il cessait, aussitôt
le loup montrait les dents.

Et Kornig kozh, voyant cela,
se hâtait de sonner de nouveau

Et quant il cessait encore, sur le champ
le loup faisait grincer ses dents,

Hélas ! malheureusement ! Le pauvre sonneur
n'était pas à son aise là-bas.

Les gens de la noce disaient,
rentrant à la maison le matin:

Le vieil ivrogne est encore resté
pendant la nuit à errer.

Il est là-bas dans un fossé,
Gonflé par l'hydromel.

Un moment encore on l'entendit sonner
Le son allait en diminuant.

Le loup silencieux quand il s'arreta
sauta sur lui et l'attaqua

Jamais, jamais, non, plus jamais
Riwal Varz ne menacera quelqu'un

Il est dans la fosse avec le loup
Il ne verra plus le jour.

Il est attrapé, il est attrapé
Dans la fosse au loup, il était saoul.

Traduction : Bernard Poisbeau

 

 

Rimendelloù . . .

1)

Tapet eo ha tapet mat, Kornig kozh ne gano ken.
Tapet eo ha tapet mat gant ar bleiz ba'n toull atrap

Il est attrapé et bien attrapé, Kornik Koz ne chantera plus
Il est attrapé et bien attrapé avc le loup dans la fosse à loup.
(Recueilli auprès de S. Fevennec qui l'avait elle même entendu le conte
de son grand père originaire de la région de Pontrieux )

.

 
2)

Birviken, birviken Koadik Kozh na sono da den
Jamais, jamais Koadik Kozh ne jouera pour quelqu'un.
(Recueilli par D. Giraudon, concernantun vieilleux de Runan)

.

 
3)

Kunez Kozh na gano ken. Ken, ken biken ken
Kunez Kozh a gano c'hoaz 'vit a re bihan, 'vit a re vraz
Kunez Kozh ne chantera plus. Plus, plus jamais plus
Kunez Kozh ne chantera encore pour les petits, pour les grands
(Recueilli par D. Giraudon, à propos d'un violoniste de la région de Servel
tombé dans un "trappi-loup")

.

 
4)

Biken ken, biken ken, Cousin na sono da den
Jamais plus, jamais plus, Cousin ne jouera pour quelqu'un
(D. Giraudon, sur un violoniste de Plouberzre)

.

 
5)

Ma 'r soner en toull-atrap hag ar bleiz e gamarad
Ma soner en toull-atrap hag ar bleiz e gamarad
Le musicien est dans la fosse ainsi que le loup son camarade
(Loeiz Bevan de St Yves Bubry à la fin du conte
"Wan-Pier ar c'horr hag ar bleuiz",
Ed. Dastum, coll. Komz n°4, 1988)

Traduction: Christiane Poisbeau

 __ . . __ . . __ . . __ . . __ . . __ . . __   

 


 

Ur galedenn a zen

La nouvelle de Yeun ar Gow : Ur galadenn a zen, a été imprimée pour la première fois en mai 1939 dans le journal Gwalarn, numéro 126.
Elle a été rééditée avec l'autorisation de Mickaël Gow, fils de l'écrivain, dans un numéro spécial de "Hor Yezh" en 1973
et à l'initiative de Per Denez, illustrée par le dessinateur Nono.

Ce sont ces dessins que je propose de découvrir ici suivit d'un petit résumé en françaisde l'hitoire.

 
 Dessin de Nono Dessin de Nono Dessin de Nono 
 
Er penn uhelañ d'an ti edo
an daou gañfard-mañ o ren an abadenn ...
 
Met neuze e tiskoachas dremm
gounnaret ar wreg ...
 
Kerzhout a reas, en deñvalijenn, hep gouzout
mat a-walc'h war be du ez ae.
 
       
       
 Dessin de Nono 
Dessin de Nono
 
Dessin de Nono
 
 
... ha, pa edo en nebeutañ sonj,
e ruilhas betek deon ur mell toull ...
 
... e fri savet uhel gantañ da c'hwesa
ar c'hig fresk ...
 
Alvaonet e voe ar bleiz gant ur seurt safar ...
 
       


Voici un bref résumé de l'histoire Ur Galedenn a zen

La noce terminée, on reconduit les jeunes mariés à la maison.. Après quelques derniers verres et quelques derniers airs chacun rentre chez soi.
Matulin ar Bourc'hiz, le joueur de bombarde et Yann ar Gall le gars au biniou sont les derniers à partir dans la nuit noire du bourg de St Riwal.
Arrivés à l'endroit ou ils devaient se séparer, Yann ar Gall propose à son compagnon de venir goûter son cidre.
C'est finalement la femme de Yann qui met Matulin à la porte.
En chemin, Matulin sent tout à coup le sol se dérober sous lui, et il tombe dans un trou de 12 à 16 pieds de profondeur.
Encore abasourdi par la chute, il entend près de lui un hurlement horrible et vois comme 2 braises ardentes dans l'obscurité. Un loup avait été pris au piège avant lui.
Ne trouvant pas son couteau, il pensa à sa bombarde et se mis à en jouer. La bête effrayée recula ... lorsqu'il s'arrêtait elle se rapprochait.
La bombarde disait : " Birvi, birvi, birviken. E Sant Riwal, e Sant Riwal, Birvi, birvi,birviken. E Sant Riwal, ne sonin ken "
Il joua alors tout les airs de danse du pays. Sur les environs de 5 heures le vacarme cessa, le sonneur et le loup s'évanouirent.
Quand Matulin ouvrit les yeux il y avait beaucoup de monde autour de lui. En apercevnt le loup allongé à ses pieds, il fit un bond..
Mais le loup ne bougeait pas : il était mort de peur.

 


 
Kornik kozh : toute une histoire
Page d'accueil
 
Analyse de style
Conférences sur la gavotte
Galerie de peinture
 
Tablatures de gavottes
La tempête de 1987
Des lieux, des liens